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Écrit par Mathieu Bellemare   
Jeudi, 06 Mai 2010 11:51

La société féerique

Politique et organisation

La royauté féerique


Contrairement à la noblesse chez les  Hommes, rattachée à des lignées familiales, la noblesse féerique se perpétue à travers un système de sélection, similaire à l'adoption. Dans plusieurs cas, les fées ne se perpétuent pas de façon congénitale, mais de façon spontanée (certaines fées apparaissent littéralement, elles ne se reproduisent pas, et l'âme des fées naissantes vont souvent prendre le caractère de la fée qui les élève). Ce que les fées appellent donc lignées, ce sont des générations de fées au tempérament et aux opinions similaires. Ces lignées, comme celle de Liddhianne et Vrogdish, sont les plus vieilles familles féeriques que l’on connaisse et on dit qu’en elles se perpétuent l'âme et les connaissances des premiers grands souverains de ces peuples. Pour cette raison, ces familles sont sacrées aux yeux de tous. De celles-ci toutefois sera aussi attendu celui ou celle qui aura le lourd fardeau de trancher et de conduire leurs peuples par-delà même où nul ne voit clair.

Les êtres féeriques, ainsi que leur noblesse, ont toutefois une conception très familiale de leur société et les décisions sont généralement prises en communauté. Lors de ces conseils, les êtres féeriques royaux ne sont pas dissociés de la majorité et ne prennent aucune décision de leur seul chef sans avoir d’abord consulté quiconque désir manifester son opinion. Leurs paroles sont certes attentivement écoutées, mais elles viennent toujours en dernier, après que tous ceux présents aient été d'abord entendus. La décision sera dès lors prise au meilleur des connaissances et énoncée par la royauté présente. Il incombera à celle-ci par la suite de prendre en charge ces décisions de telle sorte qu'elles soient accomplies.

La noblesse est acquise lorsque les membres reconnaissent un individu comme frère d'âme. Il faut savoir qu'entre les membres d'une famille, peu de distinctions véritables sont faites. L'honneur de l'un est le point essentiel sur lequel le respect lui sera accordé. À cet égard, on peut considérer que leur noblesse doit être à chaque instant méritée. Dans l'essentiel, la sagesse est garante de succès auprès du commun des êtres féeriques mais il serait faux de dire qu'il n'est jamais arrivé qu'un membre de la famille royale, devenu Banshee, n'utilise la force pour imposer le respect.

Ainsi donc, il y a la famille royale, dont les diverses branches se partagent, par héritage, la totalité du territoire, et, à son sommet, le roi ou la reine. La manière de désigner ce dernier est toutefois réellement connue que des membres de la famille royale. Certains racontent même que ce sont les Danaïdes qui désigneraient l'enfant qui devra être porté sur le trône... Ce qui est certain, c'est que c'est à ce dernier que reviendra dès lors le devoir d'énoncer et d’appliquer les décisions les plus importantes : celles qui toucheront l’ensemble du royaume et du peuple féerique. Entre ses mains est aussi mis ultimement le bien-être général de son peuple.

Les chevaliers féeriques

Parmi les êtres féeriques possédant bravoure et fierté seront aussi choisis, par la famille royale, ceux qui auront pour mission de renforcer les implications des décisions prises en conseil ainsi que de faire respecter l'ordre et la paix : ce sont les Chevaliers. Initialement, on raconte que ces derniers étaient les membres d'un ordre secret composé exclusivement de Quesali-chevalin. Là serait la véritable raison du terme encore maintenant utilisé pour désigner ce titre honorifique. On dit que ceux-ci avaient un code d'honneur très strict et qu'ils personnifiaient la noblesse dans son état le plus pur. Leur vocation était simple: défendre le sens profond de la justice ainsi que la liberté et le bien-être de chacun des membres de leur race. Bien que ce code d'honneur trouve à nouveau de plus en plus d'adepte, il est moins en vigueur maintenant et le titre est aisément donné par la noblesse à l'un de leurs sujet s'étant distingué par un acte particulier de dévotion ou une profonde servitude.

Au service du peuple

Ce qui est fondamental à comprendre pour saisir comment la structure sociale des peuples féeriques opère, c’est que cette dernière est essentiellement au service de la communauté et non l’inverse. Les gens ne sont donc généralement pas forcés d’obéir radicalement et, parmi les membres du petit peuple, et ce, même dans les familles royales, on conserve toujours le respect du libre arbitre. Toutefois, il est à noter que la majorité agira généralement en fonction des décisions énoncées par leurs dirigeants et une rébellion face à ces décisions communes sera toujours perçue comme un manque de sagesse de la part du réfractaire. Dès lors, son influence sera affaiblie et sa parole moins considérée.

Puisque les décisions sont prises lors de conseils, il va sans dire que le poids que l’on accorde à la parole de tous et chacun est garant de son impact sur les décisions finales. Plus un membre de la communauté est respecté, plus sa parole risque d’influencer ceux qui parleront par la suite. L’influence d’un être féerique est basée sur le respect de ce dernier. Ce respect est accordé spontanément, et ce, selon des principes flous mais tout de même assez constants: l'âge, la sagesse et la claire voyance sont des traits de personnalité qui constituent l'apanage des sages que tous respectent ; d'un autre côté, l'audace, la perspicacité et la rapidité d'esprit sont aussi de bons moyens de se faire entendre lors des débats publics...

Évidemment, l'inverse est aussi vrai: parmi les peuples féeriques, l'une des plus graves punitions qui peut être accordée à l'un de ses membres est de devenir un "sans voix". Ces derniers, ayant rompus outrageusement à un moment crucial avec l'opinion générale, ou ayant même parfois menti lors d'un conseil, ne sont plus écoutés en débats et nul ne se fie plus à leurs paroles. Pour "la communauté", ceux-ci existent donc à peine. Cela n'est pas vraiment une sentence officielle; comme chez les Hommes, c'est naturellement et progressivement qu'un être féerique en vient à perdre sa parole.

Les Oracles


Mais encore, un autre facteur vient entrer en ligne de compte dans cette société : c’est que, bien au-delà des fées mêmes, de leurs conseils et de leur royauté, existent des entités féeriques ancestrales se dérobant à toute contrainte et prodiguant à leurs peuples conseils et présages : ce sont les Danaïdes. Celles-ci semblent exister surtout dans de brèves visions et de magnifiques rêves. Pour le petit peuple, elles sont donc à la fois toujours absentes et toujours présentes ; elles habitent en chacun d'eux et se révèlent à ceux qui prennent le temps d'écouter l'âme du rêve dont tous jaillirent un jour.

Reconnaissant leur grandeur et leur sagesse, les membres des peuples féeriques répondent généralement à leur conseils comme si ce furent des ordres... Mais ces Danaïdes demeurent dans l’esprit de tous des conseillères bienfaisantes et ne sont jamais considérées comme des régentes supérieures. Leurs messages ne sont d’ailleurs pas toujours aisés à interpréter et se manifestent presque toujours en rêves ou en visions éparses pouvant surgir à tous moments chez n'importe qui.

Toutefois, nous devons mentionner que parmi les êtres féeriques s'en trouvent certains qui semblent être particulièrement touchés par les visions des Danaïdes et, pour cette raison, ces derniers, que l’on nomme souvent « les Oracles », sont considérés comme les sages de ces peuples. Ils ont, bien entendu, un rôle particulier dans la société féerique et leurs paroles et dires sont toujours écoutés avec la plus grande attention...

Donc...

Pour récapituler, les peuples féeriques répondent essentiellement à leur propre volonté. Celle-ci est appliquée par la royauté. Toutefois, tous demanderont l’avis de leurs oracles avant de décider quoique ce soit.

Il est à noter que la grâce des Danaïdes échappe parfois même aux êtres royaux. Plus encore, elle semble pouvoir être accordée à quiconque, de tous rangs et de toutes fonctions. Autrement dit, ce phénomène erratique contribue donc à chaque jour à faire de cette société une structure sociale souple ou chacun a, initialement du moins, le droit de parole.

(édité et révisé en 2010 par Dominique Bellemare-Page)

Mise à jour le Jeudi, 06 Mai 2010 14:57