| Émergence des peuples féeriques |
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| Écrit par Mathieu Bellemare |
| Mardi, 04 Mai 2010 18:29 |
Vision des DanaïdesPeu est su et peu est véritablement compris de la nature véritable des peuples féeriques. On raconte toutefois qu'avant même que le monde fut en quoique ce soit ce qu'il est, existait déjà la possibilité de leur existence. Le monde n'avait alors aucune forme claire. Il était. Tout simplement. En lui-même toutefois, coexistaient toutes les possibilités du monde encore à venir en une parfaite incohérence dont les innombrables formes étaient dénuées de toute restriction. Bien qu’il soit difficile de le saisir, à cet instant hors de toute mémoire, on dit que l'impossible de maintenant n'était que la rumeur d'une autre possibilité... C'est donc sur cet univers de tous les possibles que se penchèrent ces antiques volontés que l'on nomme maintenant les trois Dieux. Encore maintenant, nous ne savons pas si eux-mêmes émergèrent ou non de cet univers imprécis, de ce chaos d'idées. En seraient-ils les premières élaborations d'un concept d'ordre? Nul ne le sait. Du moins, sous leurs regards et leurs désirs, ce monde étrange commença à prendre forme et consistance. Peu à peu, ses infinis possibilités s'ordonnèrent et l'univers du probable et de l'improbable émergea. Mais dans l'ombre de ce nouvel ordre des choses, les innombrables possibilités de jadis demeurèrent, intactes et infinies. C'est de la subsistance de ces dernières, cachées à la conscience du jour, que prirent forment les premières entités qui furent réellement à l'image de ce monde tel qu'il était avant, alors qu’il était encore illimité et indéfini. Les Dieux les nommèrent: les Danaïdes. Parce qu'aucun esprit ordonné ne pouvait réellement en comprendre plus qu'une parcelle à la fois, parce qu’elles révélaient à la fois tant de splendeurs et d’horreurs, ces entités furent longtemps craintes par les hommes. Incarnations mêmes de toutes les possibilités du monde, soustraites à tout concept de probabilité, on s'en méfia tout comme on les adora. Fascinés, on tenta de les comprendre et d'en percer les mystères. Peu à peu, toutefois, elles devinrent de plus en plus insaisissables et abstraites. Puis un jour, par peur de la noirceur qui s’étendait sur le monde, comme au moment d’un lent éveille, les rêves qu'elles représentaient se dissipèrent des consciences et on en oublia même leur véritable apparence. Ceux qui se souvenaient d’elles toutefois, comprirent que les Danaïdes avaient disparu, ne laissant derrières elles que des rêves éparses, tel un écho de ce qu’elles furent. Leur passage auprès des Hommes laissa malgré tout des traces et on raconte qu'elles vivent maintenant en un lieu imprécis et inatteignable, dans un monde que les Hommes ne peuvent atteindre qu’en songe. Les plus éclairés racontent toutefois que tant que les Hommes auront cette capacité d'entrevoir les infinis possibilités du monde, tant que les Hommes auront cette faculté de rêver et d'imaginer, nous saurons que les Danaïdes existent et vivent toujours. Apparition des peuples féeriquesEt des rêves que laissèrent les Danaïdes derrière elles commencèrent à jaillirent peu à peu les peuples féeriques parmi lesquels se trouvent les Quesalis et les Vaettyrs, héritiers de ces entités oubliées. On raconte que les membres de ces peuples sont encore créés par les Danaïdes alors qu’elles insufflent des rêves aux pierres, aux arbres et aux rivières. Mais, ceci dit, ou se trouve la vérité sur l’apparition de ces êtres si différents des Hommes? Sont-ils effectivement les simples créations des Danaïdes ou plutôt leurs descendants ? Peut-on infirmer l’hypothèse qu’ils en soient même les parcelles éparpillées? Encore une fois, nul ne le sait précisément. Ce qui est certain toutefois, c’est que leur essence est de cette même nature féerique et que tous partagent un lien très puissant, quoique indéfinissable et de plus en plus diaphane, avec ce que furent les Danaïdes et leur vision du monde. En fait, les membres des peuples féeriques que l'on rencontre encore quelques fois, ne sont qu'un pâle reflet de ce que furent leurs distants parents. Leur nature indéfinissable révèle bien entendu encore nombre de possibilités dont les Hommes ne peuvent que rêver, mais, avec le temps, ils sont devenus plus prévisibles et plus ordonnés; chacun d'entre eux devenant l'incarnation précise d'un aspect du monde plutôt que d'en contenir toutes les possibilités à la fois. Les êtres féeriques conservent toutefois en eux l'accès à cet "univers des possibles" que leur enseigne encore les visions qu'ils ont des Danaïdes. Ainsi, lorsqu'ils s'y efforcent, ils peuvent extraire du monde des merveilles de toutes sortes. C’est donc directement de ce monde, tel qu’il fut et tel qu’il ne peut qu'être véritablement, qu’elles tirent leur magie. Ainsi en est-il de ce que savent les êtres féeriques d'eux-mêmes... |
| Mise à jour le Mardi, 04 Mai 2010 18:40 |



