| Histoire de Clébannes, Chapitre 2 |
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| Écrit par Hélène |
| Mardi, 11 Mai 2010 17:08 |
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Tout était calme, trop calme. Il faisait beau, le soleil passait midi, à peine quelques nuages dans le ciel. Aucun oiseau ne se faisait entendre, personne ne semblait travailler dans les champs que nous arpentions. Marianne pleurait depuis notre départ et je ne crois pas qu’elle remarquait l’anormalité de l’atmosphère. Mon angoisse se faisait de plus en plus sentir et je commençais à me demander si je n’aurais pas dû prendre des vivres et rouler vers le sud aussi loin que possible. Nous approchions maintenant de la halte. Dumenot avait construit sa petite auberge à quelques minutes à peine du village. Il espérait berner les étrangers en appelant son commerce la « Auberge du mi-chemin ». Les gens pensait qu’il leu restait un bout de chemin avant le village et s’arrêtait pour manger et parfois même dormir sans se douter qu’ils étaient presque parvenus à destination. Son stratège fonctionnait plutôt bien à vrai dire. Nous avions roulé jusqu’à la halte sans croiser personne, sans même que le chien de Dumenot ne sorte nous accueillir comme il le fait à chaque passant. « Attend ici Marianne.» J’aurais pu ne rien dire, elle était perdue dans ses pensées et se massait le bras. Elle ne pleurait plus depuis quelques minutes mais son regard était fixe, un peu hagard.
Je pris la hache que j’avais mise dans la charrette et m’approchai de l’entrée. La porte était entrebâillée, je la poussai doucement de la pointe de la hache. « Dumenot? » J’attendis mais aucune réponse ne se fit entendre. Je glissai un rapide cou d’œil avant d’entrer. Les quelques tables étaient renversées, il y avait visiblement eu une bagarre ici, la nourriture était répandue sur le sol, il y avait des taches de sang ici et là.
J’entrai tranquillement, aussi silencieusement que possible. Mes mains serraient nerveusement le manche de ma hache. Je m’approchai du comptoir et le contournai. Derrière, le plancher et le côté du comptoir étaient littéralement maculés de sang. Une ou plusieurs personnes avait été grièvement blessées. Je longeai l’arrière du comptoir jusqu’à l’embrasure de la porte de la cuisine. En marchant près des taches de sang, je remarquai qu’il était séché. J’en déduisis que l’altercation datait d’au moins quelques heures… par Marella cette ou ces personnes étaient surement mortes ou agonisantes, il y en avait tellement.
La lumière du jour filtrée à travers les carreaux éclairait à peine la cuisine. Le feu était éteint et c’était autant la pagaille là que dans la salle. Je vis néanmoins une silhouette étendue par terre. Je pris une grande respiration et entrai en longeant le mur. Je reconnus sur le sol la forme massive, et soufflai : « Oh non, Mme Dumenot.» je sursautai en entendant un bruit mat sur ma droite. Mes mains moites serrées sur ma hache j’approchai de l’armoire d’où était provenu le bruit. Je l’ouvris vivement puis reculai en un saut, prêt à donner un coup en cas de besoin.
Je soupirai de soulagement, le garçon de Dumenot restait figé dans le fond de l’armoire. Il était âgé de 7 ans mais était chétif comparé à son père à cet âge. Ses cheveux châtains étaient en broussailles et ses yeux verts effrayés, il était en chemise de nuit. « Félix mon garçon. Allons n’ait pas peur. » Il ne bougea pas. « Depuis quand es-tu là? » Il hésita puis chuchota « Hier soir monsieur Blanchet.» Sa réponse me frappa de plein fouet. Si les créatures étaient passées ici hier, elles devaient être partout maintenant. Elles étaient peut-être plus au sud que je ne le croyais. Que restait-il au nord? Était-ce suicidaire d’aller au village? Combien de gens avaient péris? « Et ton père Félix? Où est-il? » Les larmes lui montèrent aux yeux « Je ne sais pas. » Je ne voulais pas trop le pousser mais en même temps il fallait que je sache. « Que s’est-il passé ici ? Tu as vu ce qui est arrivé ? »
Félix soupira et sorti de sa cachette. Il renifla en regardant sa mère par terre. « Un homme est arrivé en trombe en fin de soirée.» il détourna le regard de sa mère et me fixa. « Il a rapidement fermé la porte derrière lui, il avait très peur et était blessé à plusieurs endroits. Il a dit que ses compagnons et lui avaient été attaqués par des dizaines de créatures hideuses entre le village et l’auberge. Elles sont sorties des buissons et les ont attaquées à mains nues. Ça ressemblait a des humains mais grognait comme des animaux en plus… mauvais qu’il a dit. Ils ont sortis leurs épées pour se défendre et ils en ont tués quelques uns mais les créatures étaient très nombreuses et voyant ses amis tomber il a couru jusqu’ici. Il a dit qu’il croyait que les créatures tentaient de dévorer ses amis morts. Quand ma mère a entendu cela, elle a prit peur et est venue me chercher dans mon lit pour me cacher. Elle m’a trouvé l’œil collé contre les planches de mon mur à observer la salle à manger. Elle m’a dit « Tu as entendu ça Félix, il faut que tu te caches au cas où ces créatures Ulaidhs viendraient ici. » Ça m’a pris un peu de temps à me rappeler que la vieille du meunier avait radoté une histoire comme ça quand on était allé chercher de la farine dans la journée, comme quoi les ulaidhs étaient au Pertuis. J’y croyais pas vraiment à son histoire… jusque là. Elle m’a amené dans la cuisine et comme on allait sortir par la porte sur le côté on a vu une ombre passer devant la fenêtre. On a arrêté aussitôt et maman a sauté sur la porte pour la barrer. Juste à temps parce quelque chose s’est jeté dessus. Elle m’a tiré fort par le bras, a tassé les trucs dans l’armoire et m’a jeté dedans en m’ordonnant de ne pas bouger. Je n’ai pas vu le reste de ce qui s’est passé dans la salle à manger mais ma mère y est allée après m’avoir caché. Je l’ai entendu crier de barrer la porte mais tout de suite après j’ai entendu un grand bruit, des cris de tout le monde et des grognements effrayants. Les bruits se sont approchés jusque dans la cuisine et j’ai retenu mon souffle. Je ne voyais rien alors c’est dur de dire ce qui c’est passé. Il y a eu des bruits de pas partout dans l’auberge puis plus rien. Mais j’avais trop peur pour sortir de là. Je suis resté dans l’armoire toute la nuit sans faire de bruit. »
Je déglutis. Des dizaines de créatures…
« Tu as bien fait mon garçon. » Je regardai la porte de côté qui avait été fracassée de l’extérieur. « Vas te changer et prend quelques affaires. Tu vas venir avec moi. » « Et mon père monsieur ? » « Je ne sais pas où il est mon garçon. Il peut avoir réussi à s’enfuir comme il peut être mort. S’il s’est enfui j’espère qu’il est loin. » « Mais il pourrait essayer de revenir me chercher. Non? » Je lui souris en essayant d’avoir l’air confiant « Oui, mais il est plus probable qu’il te croit mort. Alors nous avons plus de chance de le trouver si nous partons. Va chercher tes affaires. » Félix s’en fut par la porte du fond vers les quartiers de sa famille. |



