| Histoire de Clébannes. Chapitre 1 |
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| Écrit par Hélène |
| Mardi, 11 Mai 2010 15:36 |
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Tout a commencé au début de l’automne. Je dégotais les marmottes dans le champ de maïs, une vraie plaie ces bestioles, quand j’ai entendu des cris provenant de la maison. J’ai accouru aussi vite que j’ai pu avec ma fourche. Je crois bien que je n’ai jamais couru aussi vite, mes jambes brûlaient et mon cœur battait à tout rompre. Quand je suis arrivé sur le pas de ma porte, j’ai vu ces deux types penchés sur ma Marianne qui hurlait à mort. J’ai serré ma fourche très fort et l’ai planté dans le dos du premier je l’ai soulevé comme un ballot de foin et, seul Keldar sait comment, l’ai balancé à l’autre bout de la pièce. Le deuxième n’a même pas bronché tout concentré qu’il était à… mordre le bras de ma femme. Quelle horreur! D’un coup de côté, je lui ai transpercé le cou.
Je pensais pouvoir souffler et me concentrer sur ma Marianne, mais voilà que le type essayait de se relever avec ma fourche toujours plantée dans la gorge. J’ai dû le maintenir par terre et en m’appuyant sur ma fourche j’ai donné un petit coup. Le claquement m’a fait frémir et j’ai eu une pensée pour Cortilysse. Avoir su de quoi il s’agissait, jamais je n’aurais eu de telles pensées! Du fond de la pièce le premier a grogné et a commencé à se relever. C’est là que j’ai vraiment compris que quelque chose n’allait pas. Et pour cause! Il avait atterri en partie sur la table, qui avait éclatée à son atterrissage. Il se relevait maintenant lentement, comme si de rien était, avec un couteau de cuisine planté dans le torse. Ce n’était pas le temps de se poser des questions, je l’ai chargé avec ma fourche et l’ai poussé jusqu’au mur. J’ai pris le couteau qu’il avait dans le corps et l’ai frappé et frappé encore jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Je pu respirer un peu. Les pleurs de Marianne m’ont ramené à moi et je me suis précipité vers elle. Elle me disait comme elle avait mal. Son bras droit était mordu à plusieurs endroits. Je ne suis ni soigneur ni dévot de Marella, mais j’ai déjà dépecé des animaux et je sais reconnaître quand il manque un bout. La deuxième « chose » avait réussi à en prendre une bonne bouchée. J’ai pris un linge propre dans l’armoire et j’ai enroulé son bras sanguinolent. Je l’aidai à s’assoir sur une chaise. J’étais tenaillé entre aller chercher du secours et l’amener avec moi.
Émilie! Où était-elle? Je rassurai Marianne en lui disant que j’allais chercher notre fille. Je fis le tour de ses cachettes préférées. Je ne la trouvai ni près du puits, ni à sa balançoire à l’orée de la forêt. C’est dans la grange que je la trouvai. Mon sang s’est figé en l’apercevant, mon cœur a arrêté de battre, mes jambes sont devenues engourdies, mon cri de désespoir est resté bloqué dans ma gorge. C’est comme si en l’apercevant, toute l’énergie de mon corps s’était dispersée autour de moi pour hurler mon horreur et ma peine. Son petit corps gisait par terre, ses magnifiques yeux bleus fixant le plafond de la grange sans le voir, ses cheveux clairs maculés de sang, la moitié du torse arraché, une jambe dans un angle impossible, par tous les Dieux! Mon ange, ma raison. C’est un grognement qui me sorti de ma torpeur. Une autre « chose » était recroquevillée dans un coin dos à moi. Elle était en train de manger ce qui semblait être la partie manquante de mon Émilie. Je tendis ma main sur le mur de la grange et empoignai la pelle ronde. Les mains tremblantes de rages je m’approchai de la créature. Je levai lentement la pelle et l’abatis de toutes mes forces sur sa tête. Elle s’écroula, sonnée. Morte ou pas, je continuai de la frapper à la tête jusqu’à ce que celle-ci ne soit plus que de la bouillie méconnaissable. Je me rendis alors compte que je pleurais. Ma pauvre Émilie, je ne pouvais la laisser là, mais je devais retourner soigner Marianne. Je pris une couverture de laine qui trainait et enveloppai Émilie. J’attelai la charrette à ma jument et y déposai délicatement ma fille. Après une hésitation, je mis une hache et une masse à son côté. Je dirigeai ensuite ma jument jusqu’à la maison. Marianne était au plus mal. Elle était pâle comme un linge de coton, ses lèvres étaient légèrement bleutées et elle n’avait pas bougé de sa chaise. Elle tenait son bras blessé contre son corps et son visage trahissait sa douleur. Elle leva la tête quand je m’approchai d’elle et elle me jeta un regard suppliant «Tu as trouvé Émilie?» Je fis signe que oui de tête et mon expression dû trahir car Marianne recommença à pleurer. « Tu m’avais dit de ne pas m’inquiéter avec ses histoire.» et elle pleura encore plus, ses paroles entrecoupées par ses sanglots. « Tu m’avais dit que ce n’était que des rumeurs et de ne pas m’en occuper.» Je m’agenouillai et la pris dans mes bras. Je refoulai moi-même ma peine, nous ne devions pas nous attarder. « Nous devons partir d’ici Marianne, aller prévenir les autres et soigner ton bras. » Sa respiration saccadée par les pleurs se calma tranquillement et je pu la soutenir jusqu’à la charrette. Elle jeta un regard mortifié à l’arrière de la charrette et ses larmes coulèrent de plus belle. Elle monta sans un mot dans la charette. |
| Mise à jour le Mardi, 11 Mai 2010 17:02 |



